Collioure 1939 – “Les jours bleus de Antonio Machado”

“Ces jours bleus…”, les derniers vers écrits par Antonio Machado à Collioure

Peu après sa mort, son frère, José, a retrouvé dans une poche de son manteau, sur un bout de papier, le dernier et seul vers qu’Antonio Machado ait écrit à Collioure : « Estos días azules y este sol de la infancia ».

Serge Barba célèbre Antonio Machado, poète exilé disparu dans la tourmente de la Retirada

« Los días azules de Antonio Machado » est le titre du livre que la Fondation Antonio Machado de Collioure, sous la direction de notre ami Serge Barba, vient de publier aux éditions Trabucaire de Canet-en-Roussillon à l’occasion des 80 ans de la disparition de celui qui disait qu’en Espagne l’aristocratie réside dans le peuple.

Ce livre richement illustré est celui de l’exode qui, pour paraphraser Neruda, a brisé le cœur du plus grand des poètes. Sa vie et ses derniers jours à Collioure y sont retracés et ses poèmes y fleurissent en rappel des lieux où il vécut et des images et émotions qu’ils ont déposés en lui. C’est aussi le Machado engagé aux côtés de son peuple mettant en garde le petit Espagnol tout juste venu au monde contre cette Espagne qui lui glacera le cœur. C’est le livre enfin de ceux qui, sachant grâce à lui que le chemin se fait en marchant, ont entrepris depuis des années de faire vivre sa mémoire et de combattre l’oubli synonyme de mort.

Poèmes, écrits, œuvres d’arts rendent hommage au grand poète aux côtés des messages déposés par ceux qui viennent se recueillir sur sa tombe désormais soigneusement recueillis et répertoriés grâce à l’action de la Fondation Antonio Machado. Outre l’entretien de la tombe où il repose cette dernière décerne chaque année lors des Journées Machado un Prix International de Littérature suivi en 2007 d’un prix d’Ecriture des Lycéens puis des Collégiens.

Un ouvrage à lire et à offrir qui se clôt sur les vers dédiés à Antonio Machado par Joan Manuel Serrat :

A Collioure
Au bord de la mer
Il but à petites gorgées son passé
Ni prophète
Ni martyr
N’avait voulu être Antonio.
Et il fut un peu les deux sans le vouloir. 

Editions du Trabucaire – 2019 – 128 pages – Bilingue français/espagnol – 25 euros.

Author: caminar

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.