Espagne, Espagne: le plaidoyer de Jean-Richard Bloch

Espagne 1936, Jean-Richard Bloch, la République espagnole et Léon Blum

« Mémoire de l’Espagne Républicaine » M.E.R., notre association paloise, a présenté du 14 au 26 janvier 2017, l’exposition «¡MEMORIA VIVA! LES GUÉRILLEROS ESPAGNOLS EN BÉARN – 1939-1944».
En prélude à l’inauguration, était projeté un documentaire présentant le parcours de Jean-Richard Bloch, cet écrivain français qui avait inlassablement plaidé la cause de la République espagnole auprès de Léon Blum. Isabelle, sa petite-fille et Maria ont lu ensuite quelques extraits de ses articles rassemblés dans l’ouvrage « Espagne, Espagne ! », lecture suivie d’un débat animé et instructif.

Espagne Lecture par Isabelle Bloch.JPG
Lecture publique d’extraits de « Espagne, Espagne ! » par Isabelle Bloch et Maria Péhau, membres de M.E.R.

 

Espagne, France, Béarn, des mémoires partagées

Plus de 120 personnes s’étaient rendues à la Médiathèque André Labarrère à Pau, le 14 janvier 2017, pour découvrir l’exposition réalisée par notre association « Mémoire de l’Espagne Républicaine » – M.E.R.- en hommage aux Guérilleros espagnols en Béarn.
Voir article « ¡MEMORIA VIVA! LES GUÉRILLEROS ESPAGNOLS EN BÉARN – 1939-1944 ».

Jean-Richard Bloch (1884-1947), ce Français militant de la paix, écrivain, essayiste, journaliste, homme politique et poète, s’était fortement engagé contre la politique de non-intervention de la France en août 1936. Dans l’Auditorium de la Médiathèque, le public a pu assister à la projection du documentaire présentant son parcours, réalisé en 2013 par Marie Cristiani : « Jean-Richard BLOCH, La vie à vif ».

Espagne documentaire sur JR Bloch.jpg
                     Jaquette du film

Jean-Richard Bloch en Espagne

Jean-Richard Bloch, qui connaissait déjà l’Espagne pour y avoir donné des conférences, se rendit à nouveau dans ce pays après le soulèvement militaire de juillet 1936, envoyé par le Comité du Rassemblement Populaire Français. A son retour à Paris, il était porteur d’un message personnel de Manuel Azaña, président de la République espagnole, destiné au chef du gouvernement français Léon Blum. Celui-ci le reçut le 6 août 1936, quelques jours avant l’adoption de la politique de non-intervention. Prémonitoire, le message de Manuel Azaña alertait le gouvernement français sur les dangers pour la France de sa neutralité face au fascisme européen.

« Madrid est aujourd’hui le chemin de Paris »

Dans l’Auditorium de la Médiathèque paloise, devant un public avide d’échanges, Isabelle Bloch lut alors un extrait du message du Président espagnol, Manuel Azaña, adressé aux Français. Les articles de son grand-père sont rassemblés dans l’ouvrage de 300 pages «Espagne, Espagne!», publié en décembre 1936.

Espagne, Espagne JR Bloch.jpg
       « Espagne, Espagne ! »
           aux éditions Aden

Quelques extraits sélectionnés :

« J’ai vu un peuple unanime, la nation en armes, le prolétariat soulevé tout entier pour la défense de ses libertés.
M. Azaña, président de la République m’a dit avec douleur:
« Dites aux Français, Monsieur Bloch, que la défaite du Front populaire en Espagne ne serait pas seulement la défaite du ministère du Front populaire dans votre pays, – ce serait, chez vous, la défaite de la démocratie française et de la République… Si des armes, du matériel, des techniciens n’affluaient pas, au profit des rebelles, nous viendrions à bout des insurgés sans trop de difficultés. Mais ils reçoivent des secours puissants. Et nous apprenons que votre gouvernement a décidé de maintenir sa neutralité ! Cette neutralité revient à conférer aux rebelles la qualité de belligérants réguliers ! Elle les met sur le même pied que le gouvernement légal de la République espagnole !… »

« Jeunes Français, je vous demande de m’écouter. L’attaque contre le Front populaire, en Espagne, fait partie d’une gigantesque offensive fasciste sur le plan européen. Elle vise l’Espagne d’abord ; mais, à travers l’Espagne, c’est la France qu’elle veut atteindre.
Madrid, aujourd’hui, est le chemin de Paris.
(…)
Mussolini et Hitler ont proclamé cent fois que la France devait être liquidée comme grande nation, parce qu’elle représentait le plus sérieux réduit des idées de liberté en Europe.
(…)
Le peuple espagnol et le peuple français ne forment plus qu’une seule nation, prise à la gorge par l’ennemi commun. ».

Réédité en janvier 2014, le style agréable et la lucidité du propos de Jean-Richard Bloch emportent le lecteur et font de «Espagne, Espagne!» un ouvrage précieux.

Maïté Estop Extramiana
M.E.R. Pau

Author: caminar

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.