Des crimes contre l’humanité dans l’Espagne de Franco

Crimes contre l’humanité

Crimes contre l’humanité commis dans l’Espagne franquiste : thème des Rencontres Transfrontalières de Bordeaux 2015 Comment la communauté internationale a élaboré aux lendemains de la seconde  guerre mondiale la notion de crimes contre l’humanité  et comment l’Espagne de Franco les a perpétrés (mis en œuvre) jusqu’à la disparition du dictateur ?

Les communications  du premier jour des Rencontres Transfrontalières de Bordeaux ont permis de répondre à cette question et de débattre d’une réalité que les pactes du silence et les « leyes de punto final » ont voulu oblitérer.

Caractère imprescriptible des crimes contre l’humanité imprescriptibles et non amnistiables

Delou Bouvier
Delou Bouvier

Délou Bouvier, représentante du Syndicat de la Magistrature auprès de la Coalition Française pour la Cour Pénale Internationale, dans un exposé magistral, a résumé l’évolution de la justice internationale, de la répression des crimes de guerre à celle,  plus récente,  des crimes contre l’humanité. Elle a démontré la spécificité de ces crimes commis de façon systématique et organisée contre toute ou partie d’une population civile. La spécificité également de la répression de crimes qui par leur gravité sont  imprescriptibles et non sujets à amnistie.

 La recherche documentaire confirme que les crimes franquistes sont bien des crimes contre l’humanité

Gutmaro Gomez Bravo
Gutmaro Gomez Bravo

Aux côtés de Delou Bouvier, deux intervenants ont  témoigné des réalités vécues  sous l’Espagne franquiste dès le coup d’état du 18 juillet 1936.
Crimes contre l’humanité à n’en pas douter à l’issue de l’exposé de Gutmaro Gomez Bravo professeur au département d’histoire contemporaine de l’université de Madrid.
Sur la base de ses recherches documentaires et historiques,  il a souligné le caractère massif, organisé, systématique et planifié de la répression franquiste. Une répression relayée par l’église et reposant sur  un système légal et institutionnel  mis en place dès les premiers jours du coup d’état. Une répression touchant, au-delà de la privation de vie ou de liberté, tous les aspects de la vie du dissident ou supposé dissident aussi bien sous son aspect économique que familial ou professionnel.

La Navarre : exemple parfait de la répression programmée

Josu Chueca
Josu Chueca

C’est en Navarre, région dans laquelle le coup d’état a triomphé d’emblée et  qui n’a pas connu de front de guerre,  que les crimes contre l’humanité franquistes ont pu prospérer sans la moindre entrave et la moindre retenue dès le pronunciamento.
Josu Chueca, professeur d’histoire à l’université d’Euskadi, a mis en exergue l’ampleur et la férocité des crimes commis dans une province dont il est natif et à laquelle il consacre depuis plusieurs années ses recherches. Une répression visant  tous les secteurs politiques ou sociaux présumés défavorables  sous les formes les plus diverses allant de l’assassinat et des rafles à l’emprisonnement, aux épurations professionnelles ou au travail forcé… Des crimes aujourd’hui mis au jour, objets de mémoire, mais toujours impunis.

Le débat : justice et réparation !

Les débats qui ont suivi ces exposés, au-delà de la caractérisation des crimes contre l’humanité commis en Espagne, ont rapidement débouché sur la question des lois d’impunité et de la revendication de justice et réparation, objet de la deuxième journée des Rencontres dont nous rendrons compte prochainement.

 
Les actes des Rencontres Transfrontalières seront publiés dans le courant du premier semestre 2016.

Pour prendre connaissance d’un résumé plus complet des communications  suivre les liens ci-dessous.

 

 

 

 

 

 

 

Author: caminar

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