Renée Lafont a désormais une parente identifiée : Maïtena Biraben
Renée, journaliste française est certainement la première femme journaliste assassinée dans un conflit mondial – le 1er septembre 1936 pendant la guerre d’Espagne - se trouve dans une fosse commune à Cordoue

Renée Lafont a désormais une parente identifiée : Maïtena Biraben

Journaliste française fusillée par les franquistes, Renée Lafont a désormais une parente identifiée : Maïtena Biraben

 Il y a deux ans, l’universitaire palois Jean Ortiz découvrait grâce à ses patientes recherches sur les victimes de la Guerre d’Espagne et ses travaux d’enquête avec les associations mémorielles républicaines qu’une Française, fusillée par les franquistes, se trouvait dans l’une des deux immenses fosses communes de Cordoue. Cette femme avait un nom : Renée Lafont. Et elle n’avait pas toujours été une anonyme oubliée parmi les quatre mille victimes cordouanes de la terreur nationaliste.

Intellectuelle renommée en son temps, traductrice et hispaniste reconnue mais aussi écrivaine libérée ainsi qu’en atteste l’un de ses romans, Renée Lafont avait été envoyée en août 1936 par Le Populaire -quotidien socialiste de Léon Blum- couvrir les combats entre les forces républicaines et les factieux qui venaient de prendre cette ville phare de l’Andalousie. Blessée sur le front, capturée, elle incarnait tout ce que haïssaient les putschistes : une femme érudite, progressiste, humaniste et libre. Elle fut fusillée le 1er septembre 1936 au cimetière de La Salud… sans doute la première femme journaliste au monde exécutée dans l’exercice de sa profession. Elle avait 58 ans. Finalement contraints d’admettre sa mort, les franquistes mentirent sur la vraie raison du décès tandis qu’en France, personne ne chercha réellement à savoir. Nécrologie lapidaire publiée, Renée Lafont fut tuée une deuxième fois par l’oubli.

Depuis 2017, Jean Ortiz, la coordination française Caminar qui regroupe 17 associations mémorielles républicaines et son président José Garcia, régulièrement relayés par La Dépêche du Midi, luttent pour que justice soit rendue à Renée Lafont, à la fois victime et preuve de l’acharnement exterminateur des nationalistes mais aussi symbole des dizaines de milliers d’innocents gisant dans les fosses communes du franquisme. Ils ont notamment demandé par l’intermédiaire d’une pétition adressée au président de la République Emmanuel Macron que les restes de Renée Lafont, au terme de leur exhumation et de leur identification, soient rapatriés et que la victime reçoive enfin les honneurs qu’elle mérite au regard d’une vie et d’un engagement exceptionnels.

En Espagne, Renée Lafont est aussi devenue un cas emblématique pour les associations mémorielles qui, depuis une vingtaine d’années, travaillent à obtenir vérité, justice et réparation pour les exactions encore impunies du franquisme. Longtemps étouffée, la mémoire républicaine sort de terre pour que ce crime contre l’humanité, tel que défini par l’ONU, soit enfin reconnu par l’Etat espagnol en tant que tel. À Cordoue, ouverte le 10 janvier, la fosse où reposerait Renée Lafont selon toute probabilité, livre ses premiers ossements. Mais de nouveaux obstacles menacent  : ceux qu’entend dresser contre la Loi de mémoire historique le nouveau gouvernement andalou de droite, soutenu par l’extrême droite négationniste.

 Fille unique d’un père né à Bayonne et d’une mère de l’Oise, Renée Lafont est morte sans enfants ni famille directe pour la réclamer et faire valoir ses droits à être reconnue comme une victime de la barbarie et à recevoir une sépulture digne dans son pays. Cependant, à la demande de Caminar, un généalogiste a réalisé bénévolement un long et minutieux travail afin de rechercher d’éventuels parents éloignés. Il a finalement trouvé, au 8e degré : la journaliste Maïtena Biraben. Informée par Caminar de cette parenté, Maïtena Biraben a accepté que cette information soit rendue publique et a entamé les démarches nécessaires pour aider à l’identification de Renée Lafont lorsque ses restes présumés seront exhumés. Au delà, citoyenne française, Renée Lafont doit également pouvoir bénéficier de l’entier soutien de la famille dont elle défendait aussi les valeurs en 1936 en Espagne : la République française.

 

Cet article a 1 commentaire

  1. Bonjour,
    Après cette fameuse avancée sur la disparition de Renée LAFONT, et l’espoir créé, voici qu’en Andalousie le Président de la commission “Mémoire” appartient à vox.: quel retour en arrière !

    J’ai mal à mon Espagne!

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