GROUPE I : ÉDUCATION ET MÉMOIRE-RÉSEAUX D’ENSEIGNANTS
A l’issue des rencontres transfrontalières de Logroño, chaque groupe de travail a remis sa contribution. Nous publions ci-dessous le texte final du groupe Éducation et Mémoire. Les contributions des trois autres groupes de travail feront l’objet de prochaines publications.
Présentation du Réseau d’Éducation et de Mémoire du Pays Valencien XEIM (Xarxa Educació i Memòria), par Luís Botello Álvarez.
Le Réseau est né en 2021 en tant que coordination d’Associations Mémorielles pour mettre en interconnexion toutes les personnes qui mènent des activités dans leurs établissements scolaires, amener des témoignages dans les classes, faire des propositions pour l’introduction du travail de Mémoire dans les projets éducatifs. A la suite de rencontres avec les syndicats de l’Éducation CCOO, Intersyndicale STEPV et CGT, ces derniers ont soutenu l’initiative et se sont engagés à porter ce projet dans les établissements scolaires. Par la suite, la CNT les a rejoints.
Le défi actuel est d’obtenir l’adhésion des conseils de professeurs et, si cela n’est pas possible, des départements didactiques ou de personnes à titre individuel, et de créer des réseaux avec des établissements scolaires d’autres communautés autonomes et même avec des établissements scolaires du sud de la France.
Face au triomphe de la droite et de l’extrême droite dans les Institutions, les syndicats membres du réseau ont offert le soutien de leurs services juridiques aux enseignants au cas où ils recevraient des plaintes ou feraient l’objet de pressions. Danger d’autocensure des professeurs pour ne pas s’exposer.
Géopolitique de l’exil républicain espagnol et de la résistance antifasciste (1939-1945), par Cristina Fario.
Cristina est professeure d’histoire et de français à l’Instituto Celesti Ballera de Granollers (Barcelone) et réalise ce projet international avec des élèves de 2ème année d’études secondaires en collaboration avec le lycée de Saint Gaudens en Haute-Garonne.
Le travail qu’elle propose se concentre en partie sur le quotidien de la vie afin de faciliter l’empathie envers les personnes étudiées et introduire la Mémoire des femmes, les grandes oubliées. Offrir des exemples et une approche porteuse d’espoir.
La méthodologie qu’elle utilise est empirique et kinesthésique pour faire appel aux émotions. Elles peuvent s’appuyer sur des sources primaires : valise, couverture, lettres, sable… L’une des activités qu’ils feront prochainement sera de parcourir les chemins de l’exil et ils seront accueillis par des familles vivant dans le sud de la France.
Pour éviter les plaintes des familles sur les questions abordées, au début du projet, elle lit aux élèves des paragraphes de la loi de Mémoire historique et de la loi sur l’égalité où il est mentionné que les établissements scolaires ont l’obligation de traiter ces questions dans le cadre des différents programmes d’études.
L’équipe de son établissement scolaire est très engagée dans le projet et est financée par des programmes Erasmus.
DÉBAT : Les thèmes qui se dégagent sont les suivants :
– Les difficultés actuelles avec les changements de gouvernement aux mains du PP/VOX et l’autocensure des enseignants. Importance des syndicats pour assurer une sécurité juridique.
– Importance de travailler avec les associations de parents d’élèves (AMPA) pour les intéresser aux projets et ainsi contrer les groupes de parents promus par VOX.
– Importance de travailler avec des associations locales de Mémoire qui rapprochent les élèves de leur propre localité et de leurs familles. Cela permet de profiter des archives locales qui sont plus accessibles que celles des grandes villes.
– Nous sommes encouragés à participer au IIe Congrès d’HISTOIRE AVEC MÉMOIRE DANS L’ÉDUCATION qui aura lieu à Pampelune du 14 au 16 novembre 2024.
– Le RÉSEAU MEMORIA, créé à Madrid, vise à réaliser une interconnexion entre toutes les associations mémorielles en Espagne dans le but de collecter et de partager des initiatives qui inspirent les enseignants, les aident à valoriser ce travail de manière positive et soutiennent le moral face à la situation actuelle. Un contact est noué avec les personnes présentes.
– En France, la loi a introduit une section de « Territoire et Mémoire » dans le domaine de l’enseignement des Langues étrangères et en Espagnol on aborde le franquisme et les dictatures du cône sud. Il existe cependant une association d’extrême droite, « Parents vigilants », qui cherche à inciter les enseignants à ne pas étudier ces domaines et elle est arrivée à faire progresser l’autocensure.
CONCLUSIONS :
- Nécessité de créer des réseaux au niveau des communautés autonomes, des États et à l’International (sud de la France, Allemagne) afin de coordonner les initiatives individuelles, qui sont nombreuses.
- Contacter les associations de parents d’élèves pour entrer en contact avec les familles. S’appuyer sur la loi de Mémoire historique et la loi sur l’égalité.
- Ouverture aux universités et mise en place de partenariats.
- Créer des « commissions pédagogiques de la Mémoire » au sein des associations mémorielles pour se rapprocher des établissements scolaires et apporter des témoignages en classe.
- A partir de sources primaires et de la vie quotidienne. Du présent.
- Accorder une attention particulière au genre dans les études. Reconnaître le rôle des femmes, qui n’étaient pas seulement des victimes. Elles furent des survivantes qui ont dû prendre les rênes de leur existence dans des conditions très difficiles ; ce sont les grandes oubliées.
- Nous adresser à toutes les autorités éducatives, y compris le ministère de l’Éducation, en demandant :
- La formation des enseignants à la Mémoire, dès la formation Initiale ainsi que dans les masters qui ouvrent à l’enseignement de l’histoire ou la littérature.
- L’inscription dans la loi de Mémoire de l’obligation pour les établissements scolaires d’effectuer deux sorties avec les élèves sur des lieux de Mémoire : en primaire dans un lieu proche de la localité ou communauté et en secondaire, hors de la communauté ou du pays.

