{"id":5047,"date":"2017-03-17T13:23:35","date_gmt":"2017-03-17T11:23:35","guid":{"rendered":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg?p=5047&#038;preview=true&#038;preview_id=5047"},"modified":"2022-12-12T12:14:07","modified_gmt":"2022-12-12T11:14:07","slug":"capitale-de-lexil-republicain-espagnol-toulouse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/capitale-de-lexil-republicain-espagnol-toulouse\/","title":{"rendered":"CAPITALE DE L\u2019EXIL REPUBLICAIN ESPAGNOL?  TOULOUSE!"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-caption alignleft\" style=\"width: 900px;\">\u00a0<\/figure>\n<p>\u00a0<\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Toulouse, ville rose et capitale de l\u2019exil r\u00e9publicain espagnol : ses briques expliquent la couleur mais quelles raisons pour l\u2019autre appellation ?<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n&rsquo;est pas Toulouse ni m\u00eame la Haute-Garonne qui re\u00e7oivent le nombre le plus important de r\u00e9fugi\u00e9s r\u00e9publicains espagnols au lendemain de la Retirada, vu les r\u00e8glementations fran\u00e7aises sur leur internement. Apr\u00e8s la seconde guerre mondiale, les r\u00e9fugi\u00e9s r\u00e9publicains espagnols sont moins nombreux \u00e0 Toulouse qu\u2019en r\u00e9gion parisienne. Cependant, encore aujourd\u2019hui, Toulouse reste identifi\u00e9e comme la capitale de l\u2019exil r\u00e9publicain espagnol. En quoi est-ce justifi\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Toulouse capitale de l\u2019exil r\u00e9publicain espagnol apr\u00e8s la Retirada ?<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les milliers de civils et miliciens espagnols qui d\u00e9but 39 entrent en France sont dirig\u00e9s vers les camps des Pyr\u00e9n\u00e9es Orientales ou, comme les premiers r\u00e9fugi\u00e9s de 1936 et 1937, dispers\u00e9s dans les d\u00e9partements du nord de la Garonne, intern\u00e9s, encadr\u00e9s, surveill\u00e9s. La Haute-Garonne n\u2019est qu\u2019un d\u00e9partement de transit avec quelques refuges et asiles provisoires comme \u00e0 Toulouse, sur le Cours Dillon et aux portes de la ville \u00e0 Portet-sur-Garonne, le quartier du R\u00e9c\u00e9b\u00e9dou transform\u00e9 en cit\u00e9 d\u2019urgence. Ce n\u2019est qu\u2019en 1941 que le R\u00e9c\u00e9b\u00e9dou sera transform\u00e9 en camp d\u2019internement accueillant des malades et que sera cr\u00e9\u00e9 le \u00abcamp h\u00f4pital\u00bb de No\u00e9 \u00e0 35km. (Des r\u00e9publicains espagnols rescap\u00e9s de Mauthausen s&rsquo;installeront dans des baraquements du R\u00e9c\u00e9b\u00e9dou, colonie baptis\u00e9e alors \u00abVilla Don Quichotte\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Image&nbsp;: Le Camp du R\u00e9c\u00e9b\u00e9dou durant la seconde guerre mondiale Photo CMM.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s avril 1939, dix Compagnies de Travailleurs Etrangers sont mises \u00e0 la disposition des industries de guerre de Toulouse pour l\u2019a\u00e9ronautique : Breguet, Dewoitine, Lat\u00e9co\u00e8re, et pour l\u2019armement : la Poudrerie Nationale de Toulouse, celle du Fauga \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres. D\u2019autres ouvriers sont directement recrut\u00e9s dans les camps par les employeurs toulousains. La plupart d\u2019entre eux vivent alors en ville, souvent regroup\u00e9s pour partager les frais d\u2019h\u00e9bergement. Mais au 31 d\u00e9cembre 1939, si on d\u00e9nombre 180000 r\u00e9fugi\u00e9s espagnols pour l\u2019ensemble de la France, on en compte environ 7500 \u00e0 Toulouse soit 4% seulement: peu pour un titre de capitale de l\u2019exil r\u00e9publicain espagnol!<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1939-1945, Toulouse base d\u2019appui et de repli<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant la seconde guerre mondiale, les exil\u00e9s espagnols m\u00eame encadr\u00e9s et surveill\u00e9s s\u2019organisent: propagande, r\u00e9seaux clandestins, de solidarit\u00e9, groupes de r\u00e9sistants et gu\u00e9rilleros dans les maquis, relations avec les services secrets alli\u00e9s et r\u00e9seaux de passage des Pyr\u00e9n\u00e9es, comme celui de Francisco Ponz\u00e1n, arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Toulouse en 1943 et abattu par les Allemands le 17 ao\u00fbt 44, deux jours avant la lib\u00e9ration de la ville.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En effet, et sp\u00e9cialement apr\u00e8s l\u2019occupation allemande de la zone libre, pour tous ceux qui n\u2019ont pas renonc\u00e9 \u00e0 la lutte contre le fascisme, la proximit\u00e9 avec l\u2019Espagne fait de Toulouse une base de repli privil\u00e9gi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On y trouve aussi le Cartel suisse de secours aux enfants victimes de la guerre, la Croix Rouge R\u00e9publicaine Espagnole, le Spanish Refugee Aid.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En septembre 44, dans un ch\u00e2teau situ\u00e9 rue Varsovie, est cr\u00e9\u00e9 \u00abEl hospital Varsovia\u00bb par l\u2019AGE-FFI locale. Des m\u00e9decins et infirmiers espagnols b\u00e9n\u00e9voles soignent les bless\u00e9s des unit\u00e9s de gu\u00e9rilleros ou de l\u2019exp\u00e9dition manqu\u00e9e du Val d\u2019Aran. Il fonctionnera ainsi, gr\u00e2ce \u00e0 la solidarit\u00e9 internationale, jusqu\u2019en 1950.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Image&nbsp;: El hospital Varsovia.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La reconstitution politique d\u2019apr\u00e8s-guerre<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Capitale de l\u2019exil r\u00e9publicain espagnol : rivalit\u00e9 entre Paris et Toulouse ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s septembre 44, dans la salle du S\u00e9n\u00e9chal se tient \u00e0 Toulouse le premier congr\u00e8s en exil du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol). Beaucoup suivront. Les socialistes installent leur si\u00e8ge rue du Taur. En novembre 44, le syndicat UGT s\u2019y r\u00e9organise. Raymond Badiou, maire SFIO de la ville de 1944 \u00e0 1958, apporte son soutien depuis le Capitole.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Image&nbsp;: Plaque Rue du Taur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 4 rue Belfort sera le si\u00e8ge d\u00e8s ao\u00fbt 1945, de la direction du MLE-CNT (Mouvement Libertaire Espagnol-Conf\u00e9d\u00e9ration Nationale du Travail), des jeunes de la FIJL (F\u00e9d\u00e9ration Ib\u00e9rique des Jeunesses Libertaires.), de SIA, puis du Secr\u00e9tariat intercontinental de la CNT.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Image&nbsp;: 4 Rue de Belfort<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1945 est fond\u00e9 le \u00abCasal Catal\u00e0\u00bb de Toulouse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec la libert\u00e9 retrouv\u00e9e, les exil\u00e9s espagnols profitent de cette mobilit\u00e9 pour se rapprocher de l\u2019Espagne, de leurs r\u00e9seaux de solidarit\u00e9 familiaux, r\u00e9gionaux ou id\u00e9ologiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais c\u2019est \u00e0 Paris en 1946, que le gouvernement en exil, les repr\u00e9sentants de la G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 de Catalogne et du gouvernement basque s\u2019installent. Les organisations communistes quittent Toulouse pour Paris en 1946. Le PSOE et la CNT ont leurs si\u00e8ges \u00e0 Toulouse mais s\u2019implantent aussi \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La presse espagnole en exil est florissante ; c\u2019est Paris qui publie le plus grand nombre de titres mais c\u2019est \u00e0 Toulouse que sont imprim\u00e9s de nombreux journaux comme \u00abCNT\u00bb, \u00abEl socialista\u00bb, \u00abRuta\u00bb, \u00abMundo Obrero\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1946, la Haute-Garonne compte un peu moins d\u2019espagnols que l\u2019H\u00e9rault, les Pyr\u00e9n\u00e9es Orientales, l\u2019Aude, la Gironde ou la Seine qui en comptent plus de 20000 chacun.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant, plus proche des Pyr\u00e9n\u00e9es, Toulouse reste de 1946 \u00e0 1960 une base de commandement d\u2019attentats, sabotages, coups de mains perp\u00e9tr\u00e9s en Espagne pour \u00e9branler le r\u00e9gime franquiste. Des manifestations puissantes de solidarit\u00e9 avec les pers\u00e9cut\u00e9s de la dictature rythmeront longtemps la vie des Toulousains.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La politique et la culture toujours<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A c\u00f4t\u00e9 de nombreuses activit\u00e9s politiques (congr\u00e8s, meetings, pl\u00e9nums, comm\u00e9morations \u00e0 la Halle aux Grains par exemple), les r\u00e9fugi\u00e9s espagnols de Toulouse dont une majorit\u00e9 est d\u2019id\u00e9ologie anarchiste, animent des espaces de vie culturelle et artistique : troupes de th\u00e9\u00e2tre au Cin\u00e9 Espoir rue du Taur, f\u00eates, conf\u00e9rences, cr\u00e9ation de \u00abEl Ateneo Espa\u00f1ol\u00bb en 1959 rue de l&rsquo;Etoile. En 1947 la CNT, SIA et MLE organisent ici la premi\u00e8re exposition intitul\u00e9e \u00abL\u2019art espagnol en exil\u00bb. Elle rassemble des \u0153uvres de Picasso ou Juan Gris, mais aussi de plusieurs artistes locaux: Antonio Alos, Hilario Brugarolas, Call, Camps-Vicens, Francisco Forcadell-Prat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Petit \u00e0 petit, l\u2019int\u00e9gration dans la ville d\u2019accueil se fait mais l\u2019empreinte hispanique va rester.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, plusieurs associations font vivre la m\u00e9moire de cet exil. La ville elle-m\u00eame n\u2019en garde que quelques traces visibles : plaques, noms de rues, la tombe de Federica Montseny au cimeti\u00e8re de Rapas, une fresque sous les arcades Place du Capitole,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Image&nbsp;: Fresque de la &lsquo;Galerue&rsquo; du Capitole par le peintre Raymond Moretti.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Image&nbsp;: Monument \u00e0 l&rsquo;exil de Joan Jord\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">le monument \u00e0 l\u2019exil r\u00e9publicain espagnol de Joan Jord\u00e0 dans le jardin Claude Nougaro. Mais, \u2026\u00d4 Toulouse, est-ce l\u2019Espagne en toi\u2026? &#8230;les festivals \u00abCinespa\u00f1a\u00bb, \u00abFlamenco\u00bb et&nbsp; \u00abToulouse l\u2019espagnole\u00bb&nbsp; font toujours le plein\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors, Toulouse, capitale de l\u2019exil r\u00e9publicain espagnol ?\u00a0 Bien s\u00fbr !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp; Image&nbsp;: Toulouse l&rsquo;Espagnole<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Carmela Pizarroso<br>IRIS-M\u00e9moires d\u2019Espagne<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> M\u00eame apr\u00e8s la seconde guerre mondiale, les r\u00e9fugi\u00e9s r\u00e9publicains espagnols sont moins nombreux \u00e0 Toulouse qu\u2019en r\u00e9gion parisienne. Cependant, encore aujourd\u2019hui, Toulouse reste identifi\u00e9e comme la capitale de l\u2019exil r\u00e9publicain espagnol.  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