{"id":20667,"date":"2019-03-30T10:12:26","date_gmt":"2019-03-30T09:12:26","guid":{"rendered":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/?p=20667"},"modified":"2022-12-19T17:53:29","modified_gmt":"2022-12-19T16:53:29","slug":"29-mars-1939-madrid-se-terre-et-retient-son-souffle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/29-mars-1939-madrid-se-terre-et-retient-son-souffle\/","title":{"rendered":"29 mars 1939 &#8211; Madrid se terre et retient son souffle"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">  <font face=\"Times New Roman, serif\"><font style=\"font-size: 24pt\" size=\"6\"><b>Madrid tombe le 29 mars 1939 \u2013 Edouard Pons nous plonge dans cette trag\u00e9die<\/b><\/font><\/font> <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab&nbsp;Madrid retenait son souffle pour que nul ne s\u2019aper\u00e7oive de son existence&#8230; Madrid se cachait, terr\u00e9e dans sa coquille de peur et de silence, guettant secr\u00e8tement derri\u00e8re les persiennes, anxieuse, dans l\u2019attente du pire <\/i>\u00bb. Un r\u00e9cit du journaliste et \u00e9crivain r\u00e9publicain Antonio Otero Seco sur la chute de Madrid, il y a 80 ans, et \u00ab&nbsp;<i>l&rsquo;inhumaine vengeance franquiste<\/i>&nbsp;\u00bb.<\/span><\/span><br><span style=\"font-family: Times New Roman, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Sous l&rsquo;image de la couverture du livre d&rsquo;Antonio Otero Seco, nous reproduisons, avec son accord, un article d\u2019Edouard Pons, journaliste, traducteur et militant de la m\u00e9moire, publi\u00e9<\/span><\/span> <span style=\"font-family: Times New Roman, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">sur son blog de M\u00e9diapart \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;anniversaire de la chute de Madrid.<\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"641\" height=\"913\" src=\"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Vie-entre-parentheses.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-23855\" srcset=\"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Vie-entre-parentheses.jpg 641w, https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Vie-entre-parentheses-211x300.jpg 211w\" sizes=\"auto, (max-width: 641px) 100vw, 641px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong style=\"mso-bidi-font-weight: normal;\"><em style=\"mso-bidi-font-style: normal;\"><span style=\"font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: Garamond;\">Vie entre parenth\u00e8ses&nbsp;: r\u00e9cit <\/span><\/em><\/strong><span style=\"font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: Garamond;\">&nbsp;par Antonio Otero Seco, <br>traduit par Albert Bensoussan,<\/span> <em style=\"mso-bidi-font-style: normal;\"><span style=\"font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: Garamond;\">\u00e9d.<\/span><\/em><span style=\"font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: Garamond;\"> <em style=\"mso-bidi-font-style: normal;\">Folle Avoine<\/em>, 2018<\/span><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">    <font face=\"Arial, serif\">\u00ab&nbsp;Un silence pesant, angoissant, s\u2019abattit sur Madrid. On aurait dit que la ville retenait son souffle pour que nul ne s\u2019aper\u00e7oive de son existence. Madrid \u00e9tait silencieuse mais ne dormait pas. Madrid tout enti\u00e8re se cachait, terr\u00e9e dans sa coquille de peur et de silence, guettant secr\u00e8tement derri\u00e8re les persiennes, anxieuse, dans l\u2019attente du pire&nbsp;\u00bb<\/font><\/font><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><font color=\"#222222\"><font face=\"Arial, serif\">    Antonio Otero Seco, \u00e9voque ainsi cette nuit du 29 mars 1939 o\u00f9, pour la premi\u00e8re fois apr\u00e8s trois ann\u00e9es de guerre civile et d\u2019acharnement des militaires factieux et des \u00ab\u00a0oiseaux noirs\u00a0\u00bb de l\u2019aviation allemande, les bombardements ont cess\u00e9 sur Madrid.  Le Madrid r\u00e9publicain du \u00ab\u00a0No pasar\u00e1n\u00a0\u00bb, lanc\u00e9 par Dolores Ibaburri, \u00ab\u00a0la Pasionaria\u00a0\u00bb, Madrid qui devait \u00eatre la \u00ab\u00a0tombe du fascisme\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0c\u0153ur de l\u2019Espagne\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0capitale de la gloire\u00a0\u00bb, chant\u00e9 par Rafael Alberti, le Madrid de L\u2019espoir, des Brigades internationales, est sur le point de tomber entre les mains du \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ralissime\u00a0Francisco Franco \u00bb, \u00ab\u00a0caudillo par la gr\u00e2ce de Dieu\u00a0\u00bb \u2026 et l\u2019aide de Hitler et Mussolini.<\/font><\/font>  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Journaliste, \u00e9crivain, po\u00e8te, proche notamment de Miguel Hernandez ou de Federico Garc\u00eda Lorca, dont il fit la derni\u00e8re interview avant son assassinat, Antonio Otero Seco a 34 ans. Il assiste aux derni\u00e8res heures de la R\u00e9publique, pour laquelle il a activement milit\u00e9 et dont il a couvert les combats pour plusieurs journaux.<\/font><\/font>  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">    <font face=\"Arial, serif\">Il en t\u00e9moigne dans un r\u00e9cit poignant, \u00e9crit dans les ann\u00e9es cinquante, qui rend compte \u00e9galement de son arrestation et de ses ann\u00e9es de prison alors que \u00ab\u00a0l\u2019inhumaine vengeance franquiste\u00a0\u00bb s\u2019abat sur tous ceux qui n\u2019ont pas embrass\u00e9 la cause des putschistes contre le gouvernement r\u00e9publicain l\u00e9gitimement \u00e9lu, laissant \u00ab\u00a0un interminable sang dans les campagnes\u00a0\u00bb, comme \u00e9crira Alberti.<\/font><\/font>  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">    <font face=\"Arial, serif\"><b>Ce r\u00e9cit, \u00ab\u00a0Vie entre parenth\u00e8ses\u00a0\u00bb vient d\u2019\u00eatre publi\u00e9 dans une traduction d\u2019Albert Bensoussan, par les \u00e9ditions Folle Avoine, qui ont \u00e9galement \u00e9dit\u00e9 en 2016 la po\u00e9sie d\u2019Otero Seco.<\/b><\/font><\/font> <font color=\"#222222\">   <\/font> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Le matin de ce 29 mars d\u00e9j\u00e0, alors que les troupes de Franco ne sont pas encore entr\u00e9es officiellement dans la ville, les fascistes du parti de la Phalange, parcourent la capitale sur des camions \u00e0 la \u00ab&nbsp;chasse aux rouges&nbsp;\u00bb, aux cris de \u00ab&nbsp;Franco&nbsp;! Franco&nbsp;! Franco&nbsp;!&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Arriba Espa\u00f1a&nbsp;\u00bb.<\/font><font face=\"Times New Roman, serif\"> <\/font><font face=\"Arial, serif\">Otero Seco d\u00e9crit \u00ab&nbsp;une foule craintive qui ne sait o\u00f9 cacher sa peur, son d\u00e9gout, son angoisse&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;des hommes et des femmes avan\u00e7ant comme des somnambules, avec une rigidit\u00e9 d\u2019automates \u00bb.<\/font><\/font> <br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Le soir venu, \u00ab les ombres de la nuit ouvrent la voie aux r\u00e8glements de compte&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Parfois, un camion s\u2019arr\u00eatait devant une porte et, peu apr\u00e8s, des cris de femmes, per\u00e7ants comme des poignards, couvraient le ronflement des moteurs&nbsp;\u00bb, raconte Otero Seco, qui \u00e9voque le coup sec des porti\u00e8res, des tirs au loin, des sanglots en sourdine, les pleurs d\u2019un enfant. \u00ab&nbsp;Les hommes, le teint p\u00e2le, essayaient de tranquilliser les leurs avec des paroles d\u2019encouragement que trahissait le tremblement de la gorge, tandis qu\u2019ils pensaient \u00e0 trouver une forme de suicide le moins douloureux possible&nbsp;\u00bb, ajoute-t-il.<\/font><\/font><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">      <font face=\"Arial, serif\">Il dit en peu de mots la dignit\u00e9 des uns, l\u2019ignominie des autres, la souffrance et la fraternit\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la cruaut\u00e9 et la barbarie de l\u2019autre. Il ne cache pas pour autant les disputes, injures, menaces de certains responsables de la R\u00e9publique pour monter dans les derniers camions partant vers Alicante, ultime enclave libre de fascisme d\u2019o\u00f9 certains esp\u00e8rent \u2013 ce sera en vain \u2013 pouvoir embarquer vers un \u00e9ventuel exil. Il se montre plus indulgent pour ceux qui, sous la menace, font rapidement de leurs poings ferm\u00e9s des mains tendues ou qui, \u00e0 d\u00e9faut de drapeaux rouge et jaune des franquistes mettent des couvertures color\u00e9es au balcon en signe d\u2019hommage improvis\u00e9 aux vainqueurs, esp\u00e9rant peut-\u00eatre leur indulgence.  <\/font><\/font>  <br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Il monte lui aussi dans un camion partant vers l\u2019est puis se ravise et se rend chez ses parents o\u00f9, la nuit du 9 avril, pistolet au poing, les hommes en uniforme noir de la Phalange \u2013 \u00ab&nbsp;ce d\u00e9potoir id\u00e9ologique des sans id\u00e9ologie&nbsp;\u00bb, dira-t-il &#8211; viennent l\u2019arr\u00eater. \u00ab&nbsp;En ce jour, l\u2019Arm\u00e9e Rouge captive et d\u00e9sarm\u00e9e, les troupes nationales ont atteint leurs derniers objectifs militaires. La guerre est finie\u201d, avait indiqu\u00e9 le 1<\/font><sup><font face=\"Arial, serif\">er<\/font><\/sup><font face=\"Arial, serif\"> avril le dernier bulletin de guerre, sign\u00e9 du \u00ab&nbsp;g\u00e9n\u00e9ralissime&nbsp;\u00bb.<\/font><\/font> <br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">    <font face=\"Arial, serif\">Tous les lieux de d\u00e9tention sont bond\u00e9s et Otero Seco \u00e9choue \u00e0 la sinistre Direction G\u00e9n\u00e9rale de la S\u00fbret\u00e9. Jug\u00e9 coupable \u00ab&nbsp;d\u2019aide \u00e0 la r\u00e9bellion&nbsp;\u00bb, il est intern\u00e9 huit jours apr\u00e8s \u00e0 la prison de Porlier \u00e0 Madrid &#8211; 5.000 prisonniers dans un \u00e9tablissement pr\u00e9vu pour 400 \u2013 o\u00f9 il restera huit mois. Le 28 d\u00e9cembre, lors d\u2019un simulacre de proc\u00e8s devant un tribunal militaire, accus\u00e9 de \u00ab&nbsp;campagne de presse tr\u00e8s active contre le Mouvement National&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;apologie de la cause marxiste&nbsp;\u00bb et incitation \u00e0 \u00ab&nbsp;la r\u00e9sistance arm\u00e9e contre l\u2019Arm\u00e9e Nationale&nbsp;\u00bb, le procureur requiert contre lui la peine de mort. Le d\u00e9fenseur d\u2019office, ou suppos\u00e9 tel, en uniforme fasciste, sollicite trente ans de prison.<\/font><\/font> <br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">      <font face=\"Arial, serif\">Otero Seco raconte cette farce judiciaire, au cours de laquelle trente personnes de provenances tr\u00e8s diverses, \u00ab&nbsp;d\u00e9fendues&nbsp;\u00bb par un m\u00eame avocat, seront jug\u00e9es en 57 minutes. En pr\u00e9ambule le procureur militaire a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab&nbsp;le sang des mauvais espagnols ne peut \u00eatre rachet\u00e9 qu\u2019en arrosant le sol de la patrie offens\u00e9e&nbsp;\u00bb. A son retour en prison, dans l\u2019attente du verdict, il est transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la cinqui\u00e8me galerie, celle des condamn\u00e9s \u00e0 mort, o\u00f9 attendent plus de 600 hommes.  Il assiste aux \u00ab&nbsp;sacas&nbsp;\u00bb, les \u00ab&nbsp;sorties&nbsp;\u00bb, quand, chaque jour les ge\u00f4liers font l\u2019appel de ceux qu\u2019ils vont emmener pour \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s. Leurs noms ne sont pas lus d\u2019embl\u00e9e mais lentement \u00e9pel\u00e9s de sorte que \u00ab&nbsp;la lecture de la liste semblait durer un si\u00e8cle&nbsp;\u00bb et prolongeait le temps d\u2019angoisse des prisonniers.<\/font><\/font> <br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Il sera finalement condamn\u00e9 \u00e0 trente ans de prison et transf\u00e9r\u00e9 le 26 novembre 1940 au p\u00e9nitencier de El Dueso (province de Santander). Cinq jours de trajet, souffrant de faim et de soif dans un wagon \u00e0 b\u00e9tail, pour quarante prisonniers, assis les uns contre les autres sans pouvoir bouger. Un matin il se r\u00e9veillera avec, sur son \u00e9paule, la t\u00eate rigide de son voisin, un vieil anarchiste andalou, mort dans la nuit.<\/font><\/font><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Otero Seco d\u00e9crit le calvaire des prisonniers, faim, froid, entassement, crasse, humiliations constantes, angoisse, peur tant\u00f4t et tant\u00f4t acceptation de la mort, avec pour seuls moments d\u2019\u00e9vasion \u00ab le merveilleux monde sans fronti\u00e8res du sommeil&nbsp;\u00bb quand \u00ab&nbsp;le prisonnier ouvrait la porte du bonheur en plongeant dans l\u2019inconscience&nbsp;\u00bb. <\/font><\/font> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">    <font face=\"Arial, serif\">En quelques traits il dresse les portraits des camarades de d\u00e9faite et sait redonner vie et dignit\u00e9 \u00e0 chacun, comme il l\u2019avait fait dans ses reportages sur le front pour les miliciens anonymes, qui mourraient \u00ab&nbsp;avec le mot libert\u00e9 sur les l\u00e8vres&nbsp;\u00bb.<\/font><\/font> <font color=\"#222222\">    <\/font> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Regard de compassion et de sympathie, de tendresse sans doute, mais plus encore d\u2019un profond respect et d\u2019admiration pour le paysan, l\u2019\u00e9tudiant, l\u2019instituteur, le soldat qui face \u00e0&nbsp;\u00ab&nbsp;la machine assassine du franquisme&nbsp;\u00bb se tient debout. Il raconte ainsi comment une nuit il est emmen\u00e9 \u00e0 la direction de la prison. Croyant son heure venue il est pris d\u2019une \u00ab&nbsp;peur incontr\u00f4lable qui lui noue la gorge&nbsp;\u00bb et croise \u00ab&nbsp;le regard d\u2019adieu silencieux de ses compagnons&nbsp;\u00bb de cellule. Mais, en manque de fonctionnaires comp\u00e9tents, le directeur l\u2019a fait appeler en r\u00e9alit\u00e9 &#8211; parce que \u00ab&nbsp;journaliste et avocat il devait savoir \u00e9crire&nbsp;\u00bb -, pour qu\u2019il r\u00e9dige l\u2019acte d\u2019ex\u00e9cution au garrot d\u2019un condamn\u00e9 \u00e0 mort.<\/font><\/font> <br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">      <font face=\"Arial, serif\">Dans la pi\u00e8ce r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 cet effet \u00ab&nbsp;se dressait une petite estrade avec un poteau en bois auquel \u00e9tait accol\u00e9 un si\u00e8ge \u00e0 bras, d\u00e9crit-il. Un peu au-dessus du dossier saillait un collier d\u2019acier ouvert comme un U, uni \u00e0 une manivelle qui permettait de l\u2019ouvrir ou le fermer \u00e0 volont\u00e9&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Par une \u00e9troite lucarne du plafond, on pouvait distinguer les derni\u00e8res \u00e9toiles et un croissant de lune blanc et brillant comme de l\u2019\u00e9tain&nbsp;\u00bb, ne manque pas de noter le po\u00e8te.<\/font><\/font> <br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Le condamn\u00e9 qui ne devait pas avoir plus de vingt ans entre. \u00ab&nbsp;Quand nos regards se sont crois\u00e9s il m\u2019a salu\u00e9 d\u2019un sourire presque imperceptible&nbsp;\u00bb. Il repousse le pr\u00eatre et refuse de se confesser et de communier.&nbsp;\u00ab&nbsp;Tu meurs comme tu as v\u00e9cu, crie l\u2019aum\u00f4nier. Comme une b\u00eate. Tu vas br\u00fbler en enfer pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Tu as la mort que tu m\u00e9rites. Dieu ne te pardonnera jamais&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/font><\/font> <br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">\u00ab&nbsp;Le condamn\u00e9 se tenait bien droit, en parfaite verticalit\u00e9, le dos coll\u00e9 au dossier du si\u00e8ge et les mains li\u00e9es derri\u00e8re le poteau, poursuit Otero Seco. Le large collier de fer, ferm\u00e9, lui serrait le cou. Il a cri\u00e9 d\u2019une voix ferme&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Vive la R\u00e9publique&nbsp;! \u00bb. Le bourreau a donn\u00e9 deux tours de manivelle. Mais ensuite, \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, il l\u2019a faite tourner rapidement en sens contraire.<\/font><\/font><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">  <font face=\"Arial, serif\">La bouche tordue, d\u2019o\u00f9 pendait une langue presque noire, a \u00e9mis un l\u00e9ger g\u00e9missement guttural.<\/font><\/font><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\"><font face=\"Arial, serif\">La t\u00eate de la victime s\u2019est inclin\u00e9e en avant sur le collier de fer et ses cheveux ont balay\u00e9 son visage comme le Christ de Velasquez.\u00a0\u00bb<\/font><\/font>  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">    <font face=\"Arial, serif\">Otero Seco verra sa peine r\u00e9duite \u00e0 cinq ans en r\u00e9gime de libert\u00e9 surveill\u00e9e. La premi\u00e8re partie de la r\u00e9pression achev\u00e9e, et les ennemis jug\u00e9s les plus dangereux \u00e9limin\u00e9s, de nombreuses condamnations furent consid\u00e9rablement r\u00e9duites.<\/font><\/font> <br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">       <font face=\"Arial, serif\">En quelques br\u00e8ves sc\u00e8nes, Otero Seco raconte sa sortie de prison, saisi d\u2019angoisse, \u00ab&nbsp;foulant une terre inconnue qui pourtant \u00e9tait ou devait \u00eatre mon pays&nbsp;\u00bb, avec l\u2019impression de \u00ab&nbsp;porter grav\u00e9e au front sa condition de prisonnier, d\u2019homme en marge de la soci\u00e9t\u00e9, maudit et m\u00e9pris\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/font><\/font><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">    <font face=\"Arial, serif\">Mais alors qu\u2019il se met \u00e0 marcher il rencontre cet adolescent, avec qui il \u00e9change \u00e0 peine quelques mots et qui, le voyant fatigu\u00e9 avec sa valise \u00e0 la main, l\u2019invite \u00e0 monter sur son \u00e2ne, ce patron de caf\u00e9 qui lui offre son premier et plantureux repas, ces employ\u00e9s des chemins de fer qui, devinant sa condition, n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 lui venir en aide, malgr\u00e9 les risques, comme dans un r\u00e9flexe de solidarit\u00e9 naturelle. <\/font><\/font>  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Et dans \u00ab&nbsp;ces deux mondes, ces deux Espagnes&nbsp;\u00bb qu\u2019il va devoir affronter, il verra une raison de ne pas renoncer \u00e0 l\u2019espoir et de conserver la foi dans l\u2019humanit\u00e9. <\/font><\/font>  <font color=\"#222222\"> <\/font> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Un r\u00e9cit \u00e0 lire \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les h\u00e9ritiers de la barbarie, les nostalgiques de la \u00ab&nbsp;croisade&nbsp;\u00bb franquiste, avec lesquels la droite \u00ab&nbsp;d\u00e9mocratique&nbsp;\u00bb n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 s\u2019allier, rel\u00e8vent la t\u00eate en Espagne et o\u00f9 le parti n\u00e9ofasciste Vox accroit son audience. Ceux qui, malgr\u00e9 le vote de la loi de M\u00e9moire historique&nbsp;\u00ab de r\u00e9habilitation des victimes de la Guerre civile et du franquisme&nbsp;\u00bb, vot\u00e9e en d\u00e9cembre 2007, et les demandes r\u00e9it\u00e9r\u00e9es de l\u2019ONU ou du Conseil de l\u2019Europe, se refusent \u00e0 ce que l\u2019Etat participe \u00e0 la recherche et l\u2019exhumation des plus de 100.000 hommes et femmes sommairement ex\u00e9cut\u00e9s et enterr\u00e9s par les franquistes jusqu\u2019\u00e0 1945, voire au-del\u00e0.<\/font><\/font>  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">      <font face=\"Arial, serif\">Une t\u00e2che qu\u2019ont entrepris les enfants et les petits-enfants qui continuent \u00e0 se demander dans quel cimeti\u00e8re perdu, dans quelle fosse commune, dans quel champ de bl\u00e9, sous quel olivier continuent \u00e0 blanchir les os de leurs parents, comme l\u2019a rappel\u00e9 r\u00e9cemment le film El silencio de otros (Le silence des autres). Eux que les dirigeants de Vox n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 appeler les \u00ab\u00a0buscahuesos\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0chercheurs d\u2019os\u00a0\u00bb. <\/font><\/font><br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">      <font face=\"Arial, serif\">Vie entre parenth\u00e8ses, d\u00e9crit les sinistres \u00ab\u00a0paseos\u00a0\u00bb\u00a0(promenades) des victimes, comme les appelaient cyniquement les tueurs : \u00ab\u00a0un long trajet nocturne en camionnette, un chemin d\u00e9sert jusqu\u2019\u00e0 la grille d\u2019un cimeti\u00e8re, des hommes \u00e0 peine \u00e9clair\u00e9s par les phares du v\u00e9hicule, des pelles et des pioches remuant la terre, mani\u00e9es parfois par les propres victimes, quelques coups de feu, une fosse rapidement combl\u00e9e\u2026 Aucune trace ext\u00e9rieure\u00a0: ni jugement, normal ou sommaire, ni certificat de d\u00e9c\u00e8s, ni nom sur le corps livr\u00e9 aux vers\u00a0\u00bb. Car il ne suffisait pas de les tuer, il fallait les faire dispara\u00eetre.<\/font><\/font><br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Le 2 mars dernier encore, le quotidien El Pais informait de la d\u00e9couverte d\u2019une fosse commune \u00e0 Madrid m\u00eame, dans le cimeti\u00e8re de La Almudena, contenant les restes de 3.000 personnes ex\u00e9cut\u00e9es par d\u00e9cision des tribunaux franquistes entre avril 1939 et f\u00e9vrier 1944.<\/font><\/font> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">      <font face=\"Arial, serif\">Emp\u00each\u00e9 d\u2019exercer son m\u00e9tier de journaliste, Otero Seco vivra d\u2019exp\u00e9dients divers dans une extr\u00eame pr\u00e9carit\u00e9 dans ce Madrid, devenu \u00ab\u00a0une prison avec des tramways\u00a0\u00bb, comme il \u00e9crira dans un article dans Les Temps modernes. Tr\u00e8s actif dans les r\u00e9seaux de r\u00e9sistance, surveill\u00e9 de pr\u00e8s par la police, son domicile perquisitionn\u00e9, il entrera en clandestinit\u00e9 en 1945 et sera finalement oblig\u00e9 de se r\u00e9fugier en France en 1947. Sa femme et ses trois enfants, priv\u00e9s de passeport par le r\u00e9gime, ne pourront le rejoindre qu\u2019en 1956. <\/font><\/font>  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">      <font face=\"Arial, serif\">A Paris il collabore avec le Gouvernement r\u00e9publicain en exil et plusieurs associations d\u2019exil\u00e9s. Il travaille comme traducteur pour l\u2019ONU et l\u2019UNESCO, \u00e9crit pour de nombreux journaux d\u2019Europe ou d\u2019Am\u00e9rique Latine.<\/font><\/font> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Nomm\u00e9 lecteur d\u2019espagnol \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Haute Bretagne \u00e0 Rennes, en 1952, puis ma\u00eetre-assistant, particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 par ses \u00e9l\u00e8ves, il sera \u00e9galement critique litt\u00e9raire au Monde.<\/font><\/font> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">      <font face=\"Arial, serif\">Il ne se fera jamais \u00e0 sa vie d\u2019exil\u00e9, \u00absi dure, si pleine d\u2019amertume quotidienne&nbsp;\u00bb avec au c\u0153ur \u00ab&nbsp;la nostalgie de ce qui aurait pu \u00eatre et n\u2019a pas \u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb, comme il dira dans des lettres \u00e0 ses amis.  \u00ab&nbsp;Nous ne nous habituerons jamais \u00e0 d\u2019autres horizons&nbsp;\u00bb, \u00e9crivait-il encore, rendant hommage \u00e0 ses compagnons d\u2019exil vivant <\/font><\/font> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\"><font face=\"Arial, serif\">\u00ab\u00a0avec une carte d\u2019Espagne grav\u00e9e dans la pupille\u00a0\u00bb.<\/font><\/font> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">     <font face=\"Arial, serif\">Il d\u00e9c\u00e8dera en 1970 sans avoir revu, comme il n\u2019avait jamais cess\u00e9 de l\u2019esp\u00e9rer, \u00ab\u00a0le sol \u2013 la terre \u2013 le soleil et le ciel d\u2019Espagne\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0L\u00e0-bas en Espagne &#8211; quelle tristesse de dire \u00ab\u00a0l\u00e0-bas\u00a0!\u00a0\u00bb, disait-il \u00e0 un ami.<\/font><\/font> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <font color=\"#222222\">   <font face=\"Arial, serif\">\u00ab&nbsp;Mort de peine, mort d\u2019angoisse, mort d\u2019Espagne&nbsp;\u00bb, \u00e9crira Jean Cassou.<\/font><\/font><\/p>\n<cite><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/edouard-pons\/blog\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\" aria-label=\"Blog de Edouard Pons, journaliste, traducteur et militant de la m\u00e9moire.  (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Blog de <\/a><font color=\"#222222\"><font face=\"Arial, serif\"><b><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/edouard-pons\/blog\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\" aria-label=\"Blog de Edouard Pons, journaliste, traducteur et militant de la m\u00e9moire.  (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Edouard Pons, journaliste, traducteur et militant de la m\u00e9moire<\/a><\/b><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/edouard-pons\/blog\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\" aria-label=\"Blog de Edouard Pons, journaliste, traducteur et militant de la m\u00e9moire.  (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">.<\/a><\/font><\/font><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/edouard-pons\/blog\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\" aria-label=\"Blog de Edouard Pons, journaliste, traducteur et militant de la m\u00e9moire.  (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\"> <\/a><\/cite><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Madrid tombe le 29 mars 1939 \u2013 Edouard Pons nous plonge dans cette trag\u00e9die \u00ab&nbsp;Madrid retenait son souffle pour que nul ne s\u2019aper\u00e7oive de son existence&#8230; Madrid se cachait, terr\u00e9e dans sa coquille de peur [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":23856,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[168],"tags":[151,193,60,225,228,53,16,180,183,11,235,234,54,135,226,106,13,47,230,137,224,139,182],"class_list":["post-20667","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-voir-lire","tag-blog","tag-capitale","tag-espagne","tag-espagnol","tag-espagnols","tag-execution","tag-exil","tag-fascisme","tag-femmes","tag-france","tag-franco","tag-franquisme","tag-franquiste","tag-guerre","tag-loi","tag-loi-de-memoire-historique","tag-memoire","tag-memoire-historique","tag-republicain","tag-republique","tag-resistance","tag-victimes","tag-vote"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20667","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20667"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20667\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23856"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20667"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20667"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/coordination-caminar.org\/blg\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20667"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}