Négationnisme et révisionnisme : les deux mamelles du PP et de VOX

Négationnisme et révisionnisme : deux mots qui claquent à la figure des associations mémorielles qui luttent pour rétablir la Vérité, obtenir Justice et Réparation pour les victimes du franquisme dans les régions autonomes dirigées par le Parti Populaire et VOX. Pour contrer la nouvelle loi de la Mémoire Historique et Démocratique, ces deux partis s’efforcent de nier les crimes du franquisme en réécrivant l’histoire. Leur stratégie est simple : invisibiliser la violence franquiste, et s’ils n’y parviennent pas ils prétendent alors que la violence franquiste est la conséquence directe de celle imposée par la IIème République, à partir de 1931. Un mensonge éhonté !
La Coordination Caminar livre ci-dessous son analyse de la question à laquelle nous joignons la position de l’Organisation des Nations Unies définie à la suite de l’initiative du gouvernement central espagnol annoncée en avril dernier de porter auprès des principales instances européennes et internationales les mesures contre la mémoire démocratique prises par le PP et Vox dans diverses communautés autonomes.

VERITE JUSTICE REPARATION POUR COMBATTRE LE NEGATIONNISME ET GARANTIR LA NON REPETITION

La loi de Mémoire Démocratique du 19 octobre 2022 a suivi pour une part importante les recommandations formulées par les experts de l’ONU le 30 juillet 2014. Elle a constitué un progrès certain par rapport à la loi précédente du 26 décembre 2007 dite de Mémoire Historique en déclarant nulles de plein droit toutes les condamnations et sanctions prises pendant la guerre et la dictature par le régime franquiste.  

Parmi ses avancées essentielles ont figuré la création d’une banque nationale des données ADN  et la prise en charge par l’administration générale de l’état de la recherche des personnes disparues outre l’élaboration d’un registre national des victimes de la guerre et de la dictature.

De même l’enseignement de la Mémoire Démocratique a été introduit dans les programmes scolaires avec une formation spécifique des enseignants en ce domaine.

C’était aller trop loin pour tous les nostalgiques du franquisme qui n’ont depuis de cesse que d’en entraver la mise en œuvre et l’application.

Ainsi trois communautés autonomes codirigées par le Parti Populaire et Vox (Aragon, Castilla et Léon, Valencia) ont approuvé en février, mars et avril 2024 des projets de lois dites de « concorde ».

Ces lois omettent de faire référence aux violations des droits humains commises par le régime franquiste. Elles traitent indistinctement des violences politiques qui auraient été exercées dès 1931 avec l’avènement de la République allant même en ce qui concerne le projet de loi adopté par la communauté autonome de Valence à y inclure les terrorismes etarra et islamique.

De façon plus générale elles suppriment les institutions et activités existantes sur leur territoire telles que centres d’investigation, routes de la Mémoire, activités de nature éducative, portail informatique, cartographies des lieux de mémoire ou des fosses communes…

Les subventions allouées aux entités mémorielles sont purement et simplement supprimées ou soumises à des conditions qui les rendent totalement aléatoires.

Ces lois excluent toute participation de ces associations aux activités mémorielles que la communauté autonome pourrait mener, fût-ce à titre consultatif.

La gravité de l’atteinte ainsi portée au devoir de tout état de protéger les droits humains et de garantir la préservation historique de la mémoire des graves violations dont ils ont pu être l’objet a entrainé une nouvelle intervention de l’ONU.

Le 30 avril 2024, dans une lettre conjointe, le rapporteur spécial sur la promotion de la vérité, la justice, la réparation et les garanties de non répétition, la présidente du groupe de travail sur les disparitions forcées et involontaires et le rapporteur spécial sur les exécutions  extrajudiciaires, sommaires et arbitraires se sont adressés au chef du gouvernement espagnol.

Ils lui ont rappelé que l’Espagne avait ratifié le 27 avril 1977 le Pacte International sur les Droits Civils et Politiques ainsi que le 24 septembre 2009 la Convention Internationale pour la protection des personnes contre les disparitions forcées et avait en conséquence l’obligation d’en respecter les termes.

Ils lui ont en conséquence demandé de prendre toutes mesures propres à garantir le strict respect de ces dispositions protectrices des droits humains, notamment au niveau de la préservation de la mémoire historique des graves violations les ayant affectés, et de leur en rendre compte.

Le gouvernement espagnol a fait savoir qu’il envisageait de se concerter avec les communautés autonomes en cause afin qu’elles mettent leur texte en conformité avec les recommandations de l’ONU, à défaut de quoi il saisirait le Tribunal Constitutionnel.

Si un recours juridique est toujours envisageable et souhaitable il ne saurait toutefois  être une réponse suffisante à des projets d’une telle gravité.

Déjà en Espagne, et singulièrement dans les communautés autonomes concernées, le mouvement mémoriel a réagi avec force et indignation et de fortes mobilisations sont en cours. 

Il reste, ainsi que le relevaient les rapporteurs de l’ONU, que l’ensemble des projets de loi litigieux portent en eux une volonté négationniste et révisionniste de nature à faciliter tout type de manipulation émanant des coupables de violations des droits humains ainsi que de groupes ou intérêts politiques que veulent aujourd’hui répéter les violences anciennes. 

C’est pour éviter cette récriture de l’histoire et afin de garantir la non répétition des crimes du franquisme que le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU avait demandé le 30  juillet 204 à l’état espagnol de créer « une commission d’expert indépendants chargée d’établir la vérité sur les violations des droits humains durant la guerre et la dictature franquiste en particulier les disparitions forcées»  suivant en cela l’exemple des comisiones de la verdad créées dans d’autres pays. 

Force est de considérer que la loi de Mémoire Démocratique du 19 octobre 2022, malgré d’importantes avancées, n’a pas satisfait à cette demande puisqu’elle ne prévoit, pour l’établissement de telles violations, que l’ouverture de recours individuels « para la perpetua memoria » et permet ainsi à des lois autonomiques de continuer aujourd’hui le travail de sape et de réécriture de l’histoire.

¡Caminar! 30 Bd Jean Brunhes Bât 6, 31300 Toulouse   Courriel : coordination.caminar@gmail.com

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